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Lecture dans le bulletin : que veut dire « objectifs partiellement atteints » ?

Par Équipe éditoriale Readigo · 2026-10-14 · 11 min de lecture

Réponse courte

Dans le livret scolaire unique (LSU) de l'école élémentaire, l'enseignant situe votre enfant, domaine par domaine, sur l'une des quatre positions fixées par l'Éducation nationale : objectifs d'apprentissage non atteints, partiellement atteints, atteints ou dépassés. En lecture, « partiellement atteints » veut dire que votre enfant maîtrise une partie de ce qui était visé pour la période, mais pas encore tout. La formule inquiète. Elle désigne pourtant la deuxième marche sur quatre, ne pose aucun diagnostic et se mesure par rapport aux objectifs de la période écoulée, pas à ceux de fin d'année. Demandez ensuite à l'enseignant ce qui manque exactement (le déchiffrage, la fluence ou la compréhension), faites lire votre enfant à voix haute une dizaine de minutes chaque jour, et regardez si la position a bougé au bilan suivant. Au Québec, le bulletin ne donne pas de positions mais des pourcentages ; la partie consacrée au Québec, plus bas, détaille le calendrier.

Le livret scolaire unique : ce qu'il contient et quand vous le recevez

Du CP à la 3e, chaque élève a un livret scolaire unique. Il a remplacé les anciens livrets à la rentrée 2016 et regroupe les bilans périodiques (le « bulletin » de chaque période), les bilans de fin de cycle et les attestations. Chaque bilan périodique doit indiquer, pour chaque domaine d'enseignement, les principaux éléments du programme travaillés, les acquis, les progrès et les difficultés de votre enfant, et sa position sur l'échelle à quatre niveaux. Il mentionne aussi, le cas échéant, les aides mises en place : un PPRE (programme personnalisé de réussite éducative), une intervention du RASED, un PAP. Si l'une de ces lignes est remplie, l'école a déjà repéré un besoin et commencé à y répondre. Le calendrier n'est pas fixé au niveau national. C'est l'équipe des enseignants du cycle qui décide du rythme des bilans, et le premier peut arriver dès la fin octobre. Si l'école de votre enfant travaille par trimestre, il arrive plutôt vers décembre. Dans les écoles publiques qui proposent le service, vous pouvez consulter et télécharger le livret dans Scolarité Services, avec votre compte EduConnect ou FranceConnect, et le viser (le signer) en ligne. Ne confondez pas le livret avec la fiche de restitution des évaluations nationales. En CP, ces évaluations ont lieu en septembre, puis lors d'un point d'étape en janvier ; du CE1 au CM2, en septembre. À la rentrée 2026, elles se sont tenues jusqu'au 18 septembre, et le ministère demande aux enseignants de remettre la fiche individuelle de chaque élève aux familles dès que possible. Si vous ne l'avez pas reçue, demandez-la : elle montre quels exercices de lecture lui ont posé problème.

Les quatre positions, et ce que « partiellement atteints » veut dire en lecture

Les textes officiels fixent les quatre positions, pas de barème chiffré. C'est l'enseignant qui place votre enfant, à partir de ce qu'il a observé et évalué en classe pendant la période.

Position dans le livretCe que cela veut dire, concrètement
Objectifs non atteintsCe qui était visé pour la période n'est pas encore en place. À éclaircir vite avec l'enseignant.
Objectifs partiellement atteintsUne partie est acquise, une autre pas encore. Il reste un ou plusieurs points à consolider, que l'appréciation doit préciser.
Objectifs atteintsCe qui était visé pour la période est acquis.
Objectifs dépassésVotre enfant va au-delà de ce qui était attendu pour la période.

Le mot qui compte est « période ». En CP, le début d'année porte surtout sur le code : les sons, puis les syllabes, puis les premiers mots. Un « partiellement atteints » en décembre peut donc signaler quelques sons qui se confondent encore, ou des syllabes que votre enfant n'arrive pas encore à assembler. Il ne veut pas dire qu'il est en retard sur le repère de fin d'année. Ce repère existe, mais il vaut pour juin : 50 mots correctement lus par minute (MCLM) en fin de CP, 70 en fin de CE1. Pour le CP, la fiche que le ministère publie avec l'évaluation de début de CE1 précise ce chiffre : 50 mots par minute sur un texte préparé, et au moins 30 sur un texte découvert sans préparation. En CE1, le déchiffrage est en principe installé, et les objectifs se déplacent vers la fluence (lire plus vite, sans buter) et la compréhension de textes plus longs. C'est d'ailleurs ce que vérifie l'évaluation nationale de septembre : votre enfant lit à voix haute une liste de mots, puis un texte, pendant une minute chacun. En fin de CE2, vous verrez passer une autre échelle. Le bilan de fin de cycle 2 situe l'élève sur quatre niveaux de maîtrise : insuffisante, fragile, satisfaisante, très bonne. « Maîtrise fragile » y est, comme « partiellement atteints », le deuxième niveau sur quatre, mais il porte sur tout le cycle, du CP au CE2.

Lire l'appréciation de l'enseignant : déchiffrage, fluence ou compréhension ?

La position dit où en est votre enfant ; l'appréciation écrite dit sur quoi. On y retrouve en général l'une de trois difficultés, qui ne se travaillent pas de la même façon : - Le déchiffrage. « Confond certains sons », « déchiffre encore syllabe par syllabe », « devine les mots », « doit revoir les sons complexes (ou, on, an, oi) ». Le code n'est pas encore automatique, ce qu'on voit surtout en CP. - La fluence. « Lecture hésitante », « lit lentement », « manque de fluidité », « doit s'entraîner à lire à voix haute ». Votre enfant lit juste, mais lentement, et l'effort lui laisse peu d'attention pour le sens. En CE1, c'est souvent là que ça coince. - La compréhension. « Lit correctement mais ne comprend pas toujours ce qu'il lit », « a du mal à répondre aux questions sur le texte ». Parfois la lecture est trop lente pour que le sens suive, parfois c'est le vocabulaire. Écoutez-le lire : s'il bute à chaque phrase, commencez par la fluence. Un livret laisse peu de place à l'écrit. Si l'appréciation reste vague (« des efforts à poursuivre en lecture »), demandez simplement à l'enseignant de préciser de vive voix.

Les questions à poser à l'enseignant

Demandez un rendez-vous sans attendre le bilan suivant, et venez avec des questions précises : 1. « Qu'est-ce qui manque exactement en lecture : les sons, la vitesse ou la compréhension ? » 2. « Quels sons, ou quels types de mots, lui posent encore problème ? » 3. « Combien de mots lit-il en une minute sur un texte de la classe ? » C'est ainsi que se mesure la fluence, y compris dans les évaluations nationales. 4. « Qu'ont montré les évaluations nationales de septembre ? Puis-je voir la fiche de restitution ? » En CP, reposez la question après le point d'étape de janvier. 5. « Une aide est-elle prévue en classe ou en petit groupe ? Un PPRE, le RASED ? » 6. « Quels textes peut-il lire à la maison sans se retrouver en échec ? » En CP, la réponse sera souvent : des textes qui n'utilisent que les sons déjà étudiés. 7. « Quand refait-on le point ? » Notez les réponses. Elles vous serviront à comparer au bilan suivant et, si la difficulté dure, à expliquer la situation au médecin.

À la maison : dix minutes à voix haute, et un repère pour suivre

Mieux vaut peu, mais tous les jours. Une dizaine de minutes de lecture à voix haute chaque soir font plus qu'une heure le dimanche, en CP comme en CE1. Le choix du texte compte autant que la durée. En CP, prenez des textes déchiffrables, qui n'utilisent que les sons vus en classe. En CE1, un texte sur lequel votre enfant ne bute que sur un ou deux mots par page ; s'il bute davantage, prenez plus facile. Faites relire le même court passage trois ou quatre soirs de suite : le débit monte à chaque passage, et il sent qu'il progresse. Quand il bloque sur un mot, renvoyez-le aux sons (« comment se lit ou, ici ? ») plutôt qu'à l'image, pour qu'il ne prenne pas l'habitude de deviner. Le plus dur, c'est d'être là pour écouter tous les soirs. Certains jours, une application peut prendre le relais : Readigo écoute votre enfant lire, marque les mots sur lesquels il bute et vous donne un résumé de la semaine. Elle ne remplace ni l'enseignant ni un bilan ; elle aide à tenir le rythme. Toutes les trois ou quatre semaines, prenez un repère : une minute de lecture sur un texte qu'il ne connaît pas, puis vous comptez les mots correctement lus. En CP, lisez d'abord ce score par rapport au minimum de fin d'année sur un texte découvert sans préparation, 30 mots par minute ; le repère de 50 MCLM reste l'objectif de juin. Comparez ensuite au repère de son niveau, sur la fluence en CP, la fluence en CE1 ou le tableau de fluence MCLM pour tous les niveaux. Les normes de lecture du CP au CM2 expliquent comment interpréter ce chiffre, et le calculateur juste en dessous fait le calcul pour vous. Regardez la trajectoire plus que le chiffre du jour : un enfant encore loin du repère en décembre, mais qui gagne des mots d'un mois à l'autre, avance dans la bonne direction.

Outil interactif

Calculateur de MCLM (test d'une minute)

Faites d'abord le test d'une minute décrit plus haut, puis entrez les chiffres. Vous obtenez une estimation du nombre de mots correctement lus par minute (MCLM), comparée au repère de fin d'année fixé par l'Éducation nationale pour son niveau.

Niveau scolaire
Moment de l'année

Le repère affiché vaut environ 100 % du repère de fin d'année. En début et en milieu d'année, c'est une estimation.

Compter les mots et les erreurs à la main ? Readigo le fait pour vous pendant que votre enfant lit.

Remplissez les trois champs pour voir le résultat.

C'est une estimation, pas un diagnostic. Pour un chiffre fiable, faites la moyenne de trois lectures sur des jours différents.

Quand demander un bilan, et à qui

Un « partiellement atteints » isolé ne dit pas qu'il y a un trouble. La Haute Autorité de santé le rappelle : les troubles spécifiques des apprentissages, comme la dyslexie, sont durables et ne s'expliquent pas totalement par un enseignement inadapté. On regarde donc d'abord si la difficulté résiste à une aide régulière. Parlez-en à l'enseignant, puis au médecin de votre enfant, si plusieurs de ces signes se cumulent : - la position ne bouge pas, ou recule, d'une période à l'autre malgré une lecture quotidienne ; - des confusions de sons persistent (p et b, f et v, ch et j) ; - votre enfant comprend bien une histoire qu'on lui lit, mais beaucoup moins bien quand il la lit lui-même ; - la lecture le fatigue ou l'angoisse au point qu'il l'évite. En France, le médecin de l'enfant (généraliste ou pédiatre) joue un rôle central dans ce repérage, en lien avec le médecin scolaire. Si un bilan est utile, il oriente vers un orthophoniste. Le diagnostic, s'il y en a un, est posé par le médecin, avec l'orthophoniste, à partir de ce bilan. Le livret scolaire, lui, ne pose pas de diagnostic.

Au Québec : la première communication, puis le bulletin en pourcentages

Au Québec, on ne parle pas de « partiellement atteints ». Le Régime pédagogique fixe un calendrier précis et des résultats chiffrés. Au plus tard le 15 octobre, l'école vous transmet une première communication écrite sur les apprentissages et le comportement de votre enfant. Ce n'est pas un bulletin : une remarque sur la lecture à ce moment-là est un premier signal, sans note. Viennent ensuite trois bulletins, au plus tard le 20 novembre (1re étape), le 15 mars (2e étape) et le 10 juillet (3e étape). Les étapes ne pèsent pas pareil dans le résultat final : 20 %, 20 % et 60 %. Tous les résultats sont exprimés en pourcentage. En français, le bulletin détaille chaque compétence (lire, écrire, communiquer oralement), puis donne le résultat de la matière et la moyenne du groupe. Le seuil de réussite est fixé à 60 %. Un espace de commentaires permet à l'enseignante de décrire les forces, les défis et les progrès de votre enfant. En 1re année, deux choses peuvent dérouter. D'abord, aux deux premières étapes, le bulletin ne détaille que les compétences évaluées pendant l'étape : la compétence « Lire » peut être absente du bulletin de novembre. À l'école Notre-Dame-d'Etchemin, par exemple, elle compte pour 50 % du résultat de français en 1re année et n'est évaluée qu'aux 2e et 3e étapes en 2025-2026. Demandez à l'école ses « normes et modalités d'évaluation » : ce document dit quelle compétence est évaluée à quelle étape. Ensuite, la moyenne du groupe porte sur tout le français, pas sur la lecture seule. Si les résultats de votre enfant font craindre qu'il n'atteigne pas le seuil de réussite, l'école doit vous informer au moins une fois par mois. Parlez à l'enseignante, demandez si un suivi en orthopédagogie est possible et, si la difficulté persiste, s'il faut un plan d'intervention. Pour situer la lecture de votre enfant en mots par minute, notre page sur la fluidité au Québec fait la correspondance entre les années du primaire et les repères français (1re année = CP).

France et Québec en un coup d'œil

France : livret scolaire uniqueQuébec : bulletin
Premier retour de l'écoleFiche de restitution des évaluations nationales de septembre, puis premier bilan périodiquePremière communication, au plus tard le 15 octobre
RythmeBilans périodiques, au rythme fixé par l'équipe du cycleTrois bulletins, au plus tard le 20 novembre, le 15 mars et le 10 juillet
La lecture dans le documentPosition dans le domaine du français, éléments travaillés et appréciationPourcentage pour la compétence Lire, résultat de la matière et moyenne du groupe
L'échelleNon atteints, partiellement atteints, atteints, dépassésPourcentages, réussite à partir de 60 %
Si ça coinceAides notées dans le bilan (PPRE, RASED, PAP) ; médecin de l'enfant, orthophonisteNouvelles au moins une fois par mois si l'échec est à craindre ; orthopédagogue, plan d'intervention

Sources

Questions fréquentes

  • Que veut dire « objectifs partiellement atteints » dans le livret scolaire ?

    C'est la deuxième des quatre positions du livret scolaire unique de l'école élémentaire : non atteints, partiellement atteints, atteints, dépassés. Votre enfant maîtrise une partie de ce qui était visé pour la période, pas encore tout. La position se mesure par rapport aux objectifs de la période, pas de fin d'année, et l'appréciation de l'enseignant doit préciser ce qui manque.

  • Objectifs partiellement atteints en lecture au CP : faut-il s'inquiéter ?

    Pas pour cette seule mention. En début de CP, les objectifs portent surtout sur le code : un « partiellement atteints » peut signaler quelques sons pas encore sûrs ou des syllabes que l'enfant n'assemble pas encore. Demandez à l'enseignant ce qui manque exactement, faites lire votre enfant à voix haute une dizaine de minutes par jour sur des textes déchiffrables, et regardez si la position progresse au bilan suivant.

  • Quelle différence entre « partiellement atteints » et « maîtrise fragile » ?

    « Partiellement atteints » est une position du bilan périodique, qui porte sur les objectifs d'une période. « Maîtrise fragile » appartient au bilan de fin de cycle 2, établi en fin de CE2, qui situe l'élève sur quatre niveaux (insuffisante, fragile, satisfaisante, très bonne) pour l'ensemble du cycle. Dans les deux cas, c'est le deuxième niveau sur quatre.

  • Où consulter le livret scolaire de mon enfant en ligne ?

    Dans Scolarité Services, avec votre compte EduConnect ou FranceConnect, si l'école publique de votre enfant propose le service. Vous pouvez y consulter et télécharger les bilans périodiques et les bilans de fin de cycle, et les viser en ligne. Si le service n'est pas proposé, demandez à l'école comment elle vous transmet le livret.

  • Quand reçoit-on le premier bulletin au Québec ?

    Le Régime pédagogique impose une première communication écrite au plus tard le 15 octobre, puis trois bulletins, au plus tard le 20 novembre, le 15 mars et le 10 juillet. Les résultats y sont exprimés en pourcentage, avec un seuil de réussite à 60 %. En 1re année, la compétence Lire peut être absente du premier bulletin si elle n'a pas encore été évaluée.

  • Faut-il demander un bilan orthophonique ?

    Un seul « partiellement atteints » ne suffit pas à le justifier. Parlez-en à l'enseignant, puis au médecin de votre enfant, si la difficulté persiste d'une période à l'autre malgré une lecture quotidienne, si des confusions de sons durent ou si la lecture devient source d'angoisse. C'est le médecin qui oriente vers un orthophoniste. Au Québec, demandez aussi à l'école si un suivi en orthopédagogie est possible.

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